Quatuor à cordes "Harmonieuses Dissonances"
Co-commande des Musicales de Colmar et du Volcan, scène nationale du Havre, avec le soutien de la Fondation Francis et Mica Salabert
Dédicace : à David Grimal, Stefan Simonca-Oprita, David Gaillard, Xavier Phillips, Marc Coppey et Jean-François Driant
Nomenclature : 2 Violons, Alto & Violoncelle
Durée : 24' environ
Partition : publiée aux Editions Durand (Universal Music Publishing Classical) et disponible à la vente sur musicshopeurope.com
Présentation de l’oeuvre :
« L’harmonie, c'est la conciliation des contraires, et pas l'écrasement des différences. » Jean Cocteau
Si j’ai sous-titré ce quatuor Harmonieuses Dissonances, c’est bien sûr un jeu de mots à l'attention de ses premiers interprètes (le quatuor « Les Dissonances »), mais aussi l'énoncé de ce qui m'a finalement paru être l'enjeu même de la composition : partir de quelques motifs contrastés, dans des tempi différents et pouvant paraître d'abord aussi dissonants que divergents (à l'instar des personnes, des idées et des sentiments contradictoires auxquels la vie nous confronte), pour construire, en les agençant et en les enrichissant progressivement, une forme aussi équilibrée que possible et un sentiment d'harmonie nouvelle.
Une manière de symboliser la quête de sens qui nous anime.
La pièce est d'une durée d’environ vingt-quatre minutes.
Tout s'enchaîne d'un seul tenant, et les différents mouvements sont même parfois entremêlés, même si ce qui tient lieu de premier mouvement (et que j'envisage même pouvoir être aussi joué de manière autonome comme « Quartettsatz » d’environ 11') s’achève dans une mesure de silence. Cette mesure est strictement mesurée dans le tempo de ce qui suit et cet enchainement est important pour ne pas briser l’élan, d’autant plus que le mouvement plus vif qui advient, une sorte de scherzo en trois parties, provient d’une cellule déjà esquissée dans le premier mouvement, et que ce scherzo mute sans crier gare en un mouvement lent d'un lyrisme d'une intense mélancolie, avant de se ressaisir en un Allegro final qui reprend et synthétise, quoique sous une apparence encore nouvelle, différents formants des mouvements précédents.
L’imbrication de ces mouvements vise aussi (tout comme l’agencement progressif des motifs initiaux) à construire, à partir d’éléments contrastés, un seul et même objet.
Il n’y avait donc pas de formation plus appropriée que le quatuor à cordes pour incarner ce projet : composé de 4 individualités bien distinctes, mais fortement unifiées : tous instruments à cordes, et si merveilleusement réunis à l'écoute les uns des autres, pour faire "un bout de chemin" ensemble.
Création : le 9 mai 2019 au festival Les Musicales de Colmar par le Quatuor Les Dissonances (David Grimal, Arnaud Vallin, David Gaillard et Xavier Phillips).
Le Quatuor Mona l'a également interprété au Volcan, Scène nationale du Havre, le 10 février 2023, ainsi que la première partie du quatuor, sous le titre de "Quartettsatz", dans le cadre du festival de Radio France Occitanie à Montpellier le 20 juillet 2023.
Reprise dans le cadre de l'Académie Lumières d'Europe au festival Enescu à Bucarest le 9 septembre 2023, ainsi que dans le cadre de l'International Music Seminar de Prussia Cove et en concert à Falmouth en Grande-Bretagne en septembre 2023.
Enregistrement : par le Quatuor Les Dissonances (David Grimal, Stefan Simonca-Oprita, David Gaillard et Xavier Phillips) publié par Alpha Classics et disponible en suivant ce lien (plage 8 de l'album) : https://lnk.to/EricMontalbetti_ChamberMusicAr
Critique : « Le Quatuor Les Dissonances auquel se réfère le titre "Harmonieuses Dissonances" fait tressaillir l'expressionisme à fleur de peau qui sous-tend une matière toujours dense. »
Pierre Rigaudière, Diapason - Octobre 2020
« La partition est d’envergure (24′), conçue d’une seule traite même si les quatre mouvements traditionnels s’y dessinent au fil de l’écoute. Le timbre est au service de l’expression, sollicitant le jeu sur le chevalet, avec le bois de l’archet ou en pizzicati, autant d’altérations du son en lien avec la dramaturgie. Car la tension est toujours entretenue, tout comme la fermeté voire l’âpreté du geste et la vigueur polyphonique, dans une première partie sans concession. Au mitan du quatuor, le solo de violoncelle sur une toile en pizzicati, semble agir comme un signal dans une trajectoire où cellules thématiques et figures structurelles fibrent l’écriture et engendrent une dimension narrative. C’est à Schoenberg que l’on pense et aux ressorts de la variation continue, s’agissant d’une partition d’une grande rigueur d’élaboration, restituée de manière exemplaire par Les Dissonances. »
Michèle Tosi, ResMusica - Mai 2020
« Jolis cadeaux aux interprètes (...) le quatuor à cordes terminant le programme et lui donnant son titre « Harmonieuses Dissonances » étant dédié au Quatuor… Les Dissonances, entre autres composé de David Grimal (violon) et de Xavier Phillips (violoncelle). Une description juste de sa musique d’ailleurs, audacieuse sans être agressive, variée sans être disparate, brillante sans être clinquante. Juste retour des choses, ses interprètes-inspirateurs prodiguent tout le talent qu’on leur connaît à donner leur chance à ces pièces de choix. »
François Lafon, Musikzen - Juin 2020
« Am überzeugendsten jedoch ist das Streichquartett in seiner glühenden Intensität, atmosphärischen Dichte und mit expressiven Kulminationspunkten. Gelungenes Porträt mit Experten. »
Eckhard Weber, Concerti.de - June 2020
« Und das 2019 entstandene Streichquartett „Harmonieuses Dissonances“ bestätigt einmal mehr Montalbettis packendes Gespür für den bis zum Bersten energiegeladenen Moment. »
Guido Fischer, Rondo Magazine - August 2020

